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L'Italie en camping-car - Sicile

Dans le jardin baroque des Monts Iblei.

Noto, Ragusa, Modica, Scicli

Le haut plateau des Monts Iblei est une portion de Sicile qui s'étend entre mémoire, fiction et réalité, un décor unique qui a inspiré les pages de nombreux auteurs. Avec ses maisons enracinées sur la roche, les pierres revêtues de la lumière dorée du coucher de soleil, la sensualité baroque des églises qui se détachent contre le ciel bleu limpide, le Jardin de Pierre des Monts Iblei accueillera notre visite. En arrière-plan, la compagnie discrète du commissaire de littérature et de télévision le plus célèbre d'Italie.

Noto

Reine du baroque

Noto compte un répertoire architectonique d'une valeur absolue. La ville, la première de la Sicile orientale à être déclarée patrimoine de l'humanité par l'Unesco, fut fondée par la noblesse et le clergé à 16 kilomètres de la ville précédente de Noto ou Netum, qui s'est effondrée suite au terrible séisme qui dévasta la moitié de l'île le 11 janvier 1693.
Giuseppe Lanza, duc de Camastra, fit démolir les bâtiments encore debout de la vieille ville et lança les travaux de la nouvelle Noto selon un plan urbanistique à axes orthogonaux. Il invita les meilleurs ingénieurs, architectes et artisans de l'époque pour mener à bien les travaux qui furent, en effet, terminés en moins de quinze ans. Le résultat obtenu fut le miracle d'harmonie en style baroque que nous pouvons admirer encore aujourd'hui.
Commençons notre exploration par les jardins publics de Piazza Marconi où se trouve la station des autobus et des taxis et sur laquelle donne l'arc d'entrée au centre historique, appelé Porte Royale ou Porta Ferdinandea. Après avoir franchi l'arc, nous nous retrouvons sur Corso Vittorio Emanuele qui traverse le quartier le plus représentatif de Noto, avec ses trois principales places.
Juste à droite, la spectaculaire atmosphère de Piazza dell’Immacolata avec l'église et le couvent de San Francesco surélevés, l'escalier d'accès et le monastère du Santissimo Salvatore, aux grandes fenêtres aux grilles courbées. De l'autre côté, une succession de palais parmi lesquels le siège du Musée civique qui abrite non seulement la pinacothèque et l'antiquarium mais aussi une galerie d'art contemporain.
Au rez-de-chaussée, nous pouvons acheter les billets pour la visite combinée de groupes de monuments gérés par différentes associations : ceci permet d'avoir accès à des espaces généralement réservés, comme, par exemple, la salle des miroirs dans le Palais municipal ou l'auditorium du Théâtre aux quatre rangées de loges. Les combinaisons comprennent principalement la montée sur les terrasses de deux églises, Santa Chiara et San Carlo, qui donnent respectivement à l'est et à l'ouest du cœur monumental. Le ciel bleu de Sicile et la couleur dorée des bâtiments transforment la vue depuis la hauteur en une expérience inoubliable, difficile de capturer en photo.
Les détails de valeur des deux bâtiments sont magnifiques : le plan ovale, le déambulatoire et le chœur de chant de Santa Chiara, la façade concave et les trois nefs puissantes de San Carlo.
La destination principale est cependant la Piazza del Municipio très centrale, où se dressent le siège de la mairie, le Palazzo Ducezio (du nom d'un légendaire roi des Sicules) et, précédée d'un escalier immense et majestueux, la cathédrale de San Nicolò qui a récemment récupéré son aspect original grâce aux travaux de restauration et de reconstruction de la voûte, effondrée en 1996. Sur les côtés, se dressent côte à côte le Palazzo Landolina, où une exposition documente les phases de la récupération du dôme, et le Palazzo Vescovile avec la basilique du Santissimo Salvatore, qui forme un angle et referme ainsi la scénographie vers l'est.
À l'ouest de la place, par contre, sous le même nom que le palais qui la longe avec ses balcons baroques parmi les plus fantaisistes, débute la Via Nicolaci, qui chaque année, au mois de mai, sert de décor au caractéristique tapis de fleurs. La perspective se termine par la façade en hémicycle de l'église de Monte Vergine qui donne sur Via Cavour, presque comme une berge le long de la ville historique « mineure » étendue sur le plateau. On peut arriver là en haut également en prenant la rue immédiatement parallèle, la Via Pirri, sur laquelle on aperçoit la belle loggia du marché avec sa fontaine.

Conseils

Noto n'est pas avare en aires équipées pour le stationnement : il y en a bien quatre, surveillées et payantes, dont deux proches du centre historique. À l'ombre d'un citronnier, le Noto Parking offre aussi, sur demande, un service de navette personnalisé permettant de se déplacer plus facilement entre les ruelles étroites, sans devoir utiliser son propre véhicule.

Ragusa Ibla

Charme aristocratique

En quittant Noto, nous nous dirigeons vers Raguse, prochaine étape du haut plateau des Monts Iblei.
Raguse offre 2 cœurs anciens : celui du XVIIIe siècle, qui est aussi le centre administratif et commercial de la ville et s'étend au sommet du haut plateau ; et le centre situé en dessous, appelé Ibla, un charmant petit centre habité d'origine médiévale enfoncé entre deux canyons. Un jardin public marque la moitié des deux centres et c'est d'ici qu'il est conseillé de descendre en direction d'Ispica - Siracusa, de façon à rejoindre les grands parkings réalisés à la charnière entre les deux parties du noyau urbain. Après avoir garé le véhicule, sac au dos, débute une captivante excursion dans le temps et dans l'espace qui requiert quelques heures mais qui est à la portée de tous (avec quelques réserves en ce qui concerne les personnes ayant des difficultés à monter et à descendre des rampes et des escaliers).

La promenade commence peu après le parking, au niveau du nœud routier de Piazza della Repubblica. Sur la gauche de l'église du Purgatorio et à côté d'un barbier au style ancien, nous pénétrons dans le cœur de Ragusa Ibla, guidés le long des ruelles par la coupole de la cathédrale de San Giorgio qui émerge parmi les bâtiments, dont de nombreux sont en cours de restauration.
La cathédrale datant de 1744, précédée d'un escalier monumental, se trouve dans une position oblique par rapport à la Piazza del Duomo et offre un coup d'œil remarquable grâce à son architecture gigantesque, qui se serre autour de sa coupole. L'intérieur révèle l'excellent travail de Rosario Gagliardi, architecte et urbaniste, connu en Sicile comme l'un des meilleurs artisans de la reconstruction ayant suivie le séisme de 1693.
En nous déplaçant vers le bas, en direction du Corso XXV Aprile, nous ne devons en aucun cas manquer de nous arrêter au Cercle de Conversation. Fondé à la fin du XIXe siècle par des nobles de Raguse, il semble que dans ses salons le temps se soit arrêté entre les grands miroirs, les fresques, les verres d'eaux et d'anis, les parties interminables de cartes et les fauteuils de velours rouge. Autour de la place, les glaciers préparent de délicieux sorbets et le granité aux amandes le plus classique est le protagoniste parfait d'un arrêt rafraîchissant et le compagnon idéal d'une brioche parfumée.

Nous poursuivons notre visite par la Piazza Pola et l'église de San Giuseppe à la caractéristique façade à tour convexe. En marchant entre les palais raffinés de la noblesse, nous atteignons le complexe de San Francesco, orienté vers l'ouest du noyau habité et restructuré en style baroque mais aux origines plus anciennes, et un peu après, le Jardin Ibleo, un parc public du XIXe siècle. Le jardin riche en palmiers et en arbres ombragés, accueille l'église de San Giacomo datant XVIe siècle et reconstruite durant le XVIIIe siècle, et l'église des Cappuccini Vecchi qui abrite un magnifique retable d'autel de Pietro Novelli. En descendant, il ne faut pas manquer une visite au Portail de San Giorgio, monument symbole de la ville de Raguse, construit en style gothique Chiaramontano et datant du XIIe siècle.
Construit en blocs de calcaire tendre, à la douce tonalité rosée, il s'agit de la seule partie conservée de l'ancienne église dont il faisait partie après l'effondrement de 1693.  Le tympan situé au-dessus du linteau représente le saint chevalier terrassant le dragon, avec la reine de Berito, à genoux qui assiste à la scène. Dans l'espace supérieur, nous trouvons l'aigle de Raguse. Les interstices entre les colonnes de l'arc sont décorés de figures représentant des arts et des métiers et le long de toute la surface, nous pouvons observer une séquence de figures monstrueuses et imaginaires, entre des fleurs et des feuilles, héritage des bestiaires médiévaux.

En retournant vers le dôme, nous montons à la zone la plus élevée en direction de Santa Maria Delle Scale. Ici, du haut de son belvédère, nous pouvons admirer le village sous toutes ses nuances : Ibla se dresse comme une crèche creusée dans la roche, enflammée par la lumière rose qui éclaire les formes baroques au coucher du soleil. Le panorama est digne d'une carte postale et ce n'est pas un hasard si nous le retrouvons dans les scènes de nombreux films.

Modica

Surprenante et exaltante

Accroché sur les flancs de deux vallées convergentes, nous rejoignons le centre historique de Modica, le long des voies du fond de vallée qui mènent au Corso Umberto I et à la Piazza Buozzi. À proximité de la gare ferroviaire, nous atteignons un vaste parking parfait pour garer notre véhicule et organiser l'exploration à pied, en commençant par l'ancien couvent des Mercedari, voisin, où nous trouvons le Musée civique et l'intéressant Musée Ibleo d'arts et métiers.
Mais sous le ciel bleu sicilien, ce sont surtout les chaudes architectures et les virtuosités baroques qui occupent le devant de la scène. En suivant Corso Umberto I, nous sommes d'abord attirés par l'église du Carmine qui se dresse après un élargissement de la rue, par la Mairie ensuite et par les palais décorés d'arcades qui marquent le croisement avec Via Marchese Tedeschi, ensuite encore par les ruines du château médiéval qui domine la rue et par l'église de Santa Maria di Betlem qui en referme la perspective. En reprenant notre route, nous pouvons admirer l'église de San Pietro, qui se dresse au-dessus d'un escalier orné des statues des apôtres, le Palazzo Tedeschi aux riches balcons, Santa Maria del Soccorso placée longitudinalement et le Palazzo Manenti du XVIIIe siècle qui marque le tournant pour rejoindre la cathédrale.
La cathédrale de San Giorgio se détache au-dessus des ruelles avec sa fastueuse façade à tour convexe, et encore une fois nous reconnaissons dans son architecture la signature de l'auteur Rosario Gagliardi, déjà « rencontré » à Ragusa Ibla.  Les 250 marches de son long escalier apparaissent comme des éléments fluides d'une cascade jaillissant de son parvis. La façade en calcaire blanc constitue un triomphe de baroque aux mouvements plastiques qui s'élancent autour de la cage de clocher. L'intérieur à cinq nefs est tout aussi spectaculaire et mérite une pause avant de continuer notre montée entre les ruelles du noyau médiéval. Ensuite, une fois hors de la cathédrale, nous suivons le parfum du chocolat pour un arrêt dans une ancienne confiserie, parfaite pour les gourmets et réputée pour son chocolat : elle compte 300 ans d'histoire et une recette unique basée sur une très ancienne technique de travail du cacao, extraordinairement bien combiné à l'essence de piment, de cannelle ou de zeste d'agrumes.
Et après cet arrêt de plaisir absolu et savoureux, nous reprenons notre route.
Nos destinations finales sont l'église de San Giovanni Evangelista, construite au début du XVIIIe siècle à l'endroit le plus haut de la ville, et le proche belvédère Pizzo, d'où Modica apparaît comme dessinée sur une carte. Nous retournons au camping-car en parcourant les ruelles et en découvrant encore d'autres vues inoubliables et d'autres centres d'intérêt.

Scicli

«Peut-être la ville la plus belle au monde»

En descendant vers la mer, nous visitons Scicli. Ici il nous semble de vivre un feuilleton télévisé : il n'y a pas un seul coin qui ne rappelle un film. Du reste, la ville qui pour l'écrivain Elio Vittorini était « peut-être la ville la plus belle au monde » offre des cadrages extrêmement fascinants et photogéniques, grâce aussi à sa position à la confluence de trois vallons :
le cœur de la ville se situe sur l'esplanade centrale, sur les côtés se trouvent les ravins percés de grottes qui se greffent dans le haut plateau, les hauteurs de roche montrent le belvédère et les anciennes murailles, et notamment, l'église de San Matteo qui domine la ville de sa hauteur et accueille ceux qui arrivent dans la Piazza Italia très centrale.
Précisément sur cette place, il est possible de trouver une place de stationnement temporaire dans les parkings réglementés (sinon on peut essayer dans les élargissements adjacents de la route) et c'est d'ici, de l'église madre di Sant'Ignazio, du jardin de palmiers et des petits édifices du XVIIIe siècle du salon respectable de Scicli que débute notre exploration à pied.

En prenant Via Nazionale, un élégant parc de la musique signale l'îlot piétonnier de Via Francesco Mormina Penna sur lequel donne le Palais communal construit en style renaissance au cours du XXe siècle. Il s'agit d'un petit bijou d'architecture.
Via Mormino Penna est, par contre, l'une des plus belles rues de Sicile, pour sa spectaculaire succession d'églises et de résidences nobiliaires. Ici, l'église de San Giovanni, avec sa façade convexe et son plan elliptique, est un véritable hymne au baroque. À côté, nous pouvons observer l'imposante église de San Michele et le Palazzo Spadaro, aux balcons raffinés en fer forgé, datant du XVIIIe siècle. Un peu plus loin, Via Nazionale débouche sur Piazza Busacca dominée par l'ensemble du Carmine, église et couvent, et étendue en partie sur l'ancien torrent de la carrière de Santa Maria La Nova, transformé aujourd'hui en un chorégraphique lit de pierre.
En remontant précisément cette carrière, nous trouvons deux autres églises : la Consolazione et Santa Maria La Nova, l'une des plus grandes et aux formes néoclassiques particulières.

Nous retournons à Piazza Italia et nous nous dirigeons vers Palazzo Beneventano.
Il s'agit d'une résidence nobiliaire dissimulée entre les ruelles mais qui fait parte des résidences les plus intéressantes de Scicli pour ses opulentes décorations. Nous continuons en direction de Via San Bartolomeo et nous visitons l’église du même nom, qui se détache majestueusement de la roche et qui abrite une crèche artistique de l'école napolitaine. Derrière l'édifice, en remontant un autre torrent de pierre, nous remarquons un paysage spectaculaire, offert par les nombreuses grottes situées sur le flanc du ravin dit de Chiafura: les grottes furent habitées jusqu'aux années ’50.
En retournant vers le Palazzo Beneventano et en poursuivant notre montée, nous commençons une excursion sur le Col de San Matteo. Nous grimpons sur la colline en partant d'une étroite ruelle qui peu à peu cède la place à des perspectives de plus en plus vastes, jusqu'à arriver au sommet, au-delà du parvis de la primitive église mère de Scicli, abandonnée suite aux effondrements provoqués par le tremblement de terre de 1693 mais encore très fascinante.
Le sentier grimpe ensuite sur les ruines du château des Tre Cantoni, d'où la vue sur la ville est totale. En faisant de petites déviations, nous découvrons la petite église baroque du Spirito Santo et nous observons de la hauteur le site rupestre de Chiafura, dont nous avons déjà parlé.
Au sud, là où le centre historique se dissout vers l'horizon, voici le bleu de la mer et, au lointain, la localité balnéaire de Donnalucata.
Comment résister à la tentation d'une baignade rafraîchissante ?
Nous sommes prêts pour un nouveau départ.